Impacts de la COVID-19

Les voyages, le tourisme et les investissements en Afrique

En 2019, les voyages et le tourisme en Afrique ont enregistré un taux de croissance de 2,2 %, contribuant au PIB à hauteur de 168,5 milliards d’USD et soutenant 24,6 millions d'emplois. En revanche, au cours de l'année 2020, l’environnement des voyages et des loisirs a radicalement changé, les gouvernements ayant mis en place des mesures pour endiguer la propagation de la maladie. En Afrique et ailleurs, ces mesures allaient de l'interdiction des voyages internationaux à des interdictions ciblées, en passant par des exigences de dépistage et de quarantaine auxquelles les voyageurs étaient soumis.

Parallèlement à une baisse de 95 % du trafic international en juillet, les hôtels africains ont vu leur taux d'occupation chuter de 73 % et ont enregistré une perte de 18 millions d'arrivées internationales en glissement annuel au 30 juin. Pour rebondir, le secteur du voyage et du tourisme en Afrique a travaillé dur pour s'adapter et se conformer aux protocoles et directives mondiaux, notamment en affichant le label « Voyage sûr » du Conseil mondial du voyage et du tourisme, qui figure dans 13 pays ou sous-régions d'Afrique. Dans le même temps, l'industrie des loisirs s'est attachée à promouvoir le tourisme régional et national en Afrique.

... la décision de commencer les échanges dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine en 2021 et la finalisation attendue de son protocole d'investissement offrent de nouvelles possibilités de croissance.

Les investissements directs étrangers (IDE) vers le continent ont augmenté ces dernières années après avoir enregistré une hausse de 10,9 % en 2018, atteignant 45,9 milliards d’USD et passant à 49 milliards d’USD selon les estimations en 2019. En raison des répercussions de la pandémie et du climat incertain pour les investisseurs, les flux d'IDE vers l'Afrique devraient diminuer en 2020, les investissements étant soit réduits, soit reportés. Il sera essentiel de rétablir la confiance et l'on peut espérer qu'un investissement accru et décisif pourra stimuler la relance économique, comme l'ont souligné les partenaires du Forum pour l’investissement en Afrique. De son côté, le lancement des échanges commerciaux dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine en 2021 et la finalisation attendue de son protocole d'investissement offrent de nouvelles possibilités de croissance.

Ouverture sur les visas en Afrique

Restrictions frontalières

  • 26 destinations en Afrique avaient assoupli les restrictions au 1er septembre 2020, tandis que les frontières de 27 destinations restaient fermées.

Alors que près de la moitié des destinations africaines assouplissent les restrictions de voyage dans le cadre des plans de riposte à la pandémie, le thème du voyage reste au cœur des préoccupations des décideurs politiques et des populations. La sûreté et la sécurité sont des facteurs essentiels dans la prise de décision lorsqu'il s'agit d'ouvrir les frontières, et des mesures gouvernementales actualisées ont été mises en place pour les visiteurs de la région.

Dans le même temps, cependant, alors que le PIB de l'Afrique devrait se contracter de 1,7 % à 3,4 % en 2021 et que les économies africaines devraient entrer en récession, perdant jusqu'à 212 milliards d’USD, 22 pays doivent adopter un plan de relance résilient pour résister aux chocs systémiques.

Une fois que l’on assouplira les restrictions, le fait de permettre aux gens de circuler librement sur le continent peut avoir un impact considérable sur la relance de secteurs clés de l'économie, notamment ceux du tourisme et des investissements. Les pays qui ont assoupli les régimes de visa et adopté des politiques d'exemption de visa et d’octroi de visa à l’entrée ont constaté des avantages économiques ces dernières années. Ces politiques ont en effet permis d’attirer un nombre croissant de voyageurs d'affaires et de loisirs. C'est l'approche récemment adoptée par les petites et les grandes économies du continent - de la Gambie au Nigeria - qui ont décidé de s'ouvrir aux visiteurs africains.

Les dernières tendances montrent une utilisation de plus en plus accrue de solutions électroniques intelligentes pour les voyages sur le continent, avec une augmentation de 167 % des eVisas (visas électroniques) en Afrique au cours des cinq dernières années. Le passage au numérique et l'utilisation de technologies de pointe, notamment la biométrie, pour accélérer et sécuriser l'entrée des visiteurs, joueront un rôle clé dans la réponse des pays à l'évolution du climat des voyages.

Impact sur les compagnies aériennes africaines

Les compagnies aériennes africaines ont été durement touchées par la crise de la pandémie de COVID-19. Selon Association internationale du transport aérien (IATA), l'aviation est pratiquement à l'arrêt. Si les principales compagnies aériennes du continent ont continué à assurer des vols de fret et de rapatriement, de nombreuses sociétés ont déclaré des pertes, et les gouvernements ont promis un soutien financier. La connectivité aérienne et l'adoption par les pays de régimes de visa plus libéraux seront essentielles pour promouvoir la libre circulation des personnes en Afrique, ce qui contribuera à accélérer la relance économique.

The economic consequences resulting from a disconnected continent are severe. Millions of jobs and livelihoods are at risk in family-run enterprises and large corporations along the entire travel and tourism value chain. For Africa’s economic recovery and future prosperity, it is essential to expedite the safe restart of the industry.

Muhammad Al Bakri, Regional Vice President for Africa and the Middle East, IATA

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