Avant-propos, Commission de l’Union africaine

« Un continent sans restrictions quant aux voyages ou aux documents est une Afrique dont nous pouvons être fiers. Ici, un voyageur d’affaires africain peut rencontrer ses contacts dans une autre capitale à tout moment ; une famille africaine peut visiter aisément les sites d’écotourisme d’un pays voisin ; les étudiants africains peuvent traverser librement les frontières nationales pour acquérir les compétences dont ils ont besoin pour le marché du travail »

S.E. Kwesi Quartey, vice-président, Commission de l’Union africaine

En janvier 2021, la plus grande zone de libre-échange du monde a démarré ses activités. Cette zone commerciale couvre tous les pays africains, sauf un, et l’augmentation des échanges interafricains qu’elle induit devrait générer des gains socioéconomiques très importants pour le continent. 

La mise en œuvre intégrale et inclusive de l’Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine constituera une bouée de sauvetage pour les petites entreprises africaines et améliorera les moyens de subsistance des femmes et des jeunes africains, qui sont les plus touchés par la pandémie de COVID-19.

Pourtant, cette sixième édition du Rapport sur l’ouverture des régimes de visa en Afrique révèle, pour le continent, un réel danger de perdre les gains réalisés au fil des années en matière de politiques de visa libérales. En 2021, les Africains ne peuvent se rendre que sur un quart du continent sans visa, et moins de pays qu’auparavant délivrent des visas à l’arrivée. De nombreux voyageurs font également état de frais et de délais excessifs pour l’obtention d’un visa. Il est possible de faire beaucoup plus pour réduire la bureaucratie, aborder les questions de sécurité et simplifier la procédure d’obtention des visas afin de favoriser la libre circulation et faire en sorte que les Africains puissent vivre une expérience de voyage plus agréable. 

Sur une note positive, la note moyenne des 10 premiers pays de l’indice d’ouverture sur les visas en Afrique a augmenté l’année dernière. Par ailleurs, le Bénin, la Gambie et les Seychelles continuent d’offrir un accès sans visa à tous les Africains. La Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et l’Union du Maghreb arabe (UMA) restent les communautés économiques régionales les plus performantes. 

La crise liée à la COVID-19 a plus que jamais montré aux pays africains qu’ils doivent être plus autosuffisants sur le plan socioéconomique. Pour y parvenir, nous devons développer le commerce intra-africain. Il y a plus que jamais urgence à renforcer la liberté des Africains pour leur permettre de se déplacer sur leur propre continent. Il est également plus que jamais urgent que davantage de pays signent et ratifient le Protocole sur la libre circulation des personnes. 

Nous nous sommes engagés en faveur d’un modèle d’intégration africaine. Donnons-nous les moyens de le concrétiser.

S. Exc. Dr Monique Nsazabaganwa, vice-présidente, Commission de l’Union africaine

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